Immersion / Expérimentation

Dans son processus de création , kitsou Dubois mets en place tout une série de laboratoires de recherches qui seront la base de son écriture chorégraphique.

Pourquoi un laboratoire ?                                                                  english

Les laboratoires de recherche et d’expérimentation  sont conçus  pour créer les conditions de la rencontre avec d’autres artistes, d’autres visions, expérimenter les questions que pose l’immersion en microgravité  ou dans des gravités altérées et faire surgir la matière de la création. Les tentatives de réponses permettent de confronter la réalité à l’imaginaire, la technique et l’artistique, la recherche et la création.

Il s’agit de sessions de travail de plusieurs jours réunissant une équipe pluridiscipliniare. Chacun a lieu dans un milieu spécifique où la gravité est altérée ( le vol parabolique, l’eau, les agrès de cirque, les environnements virtuels). L’expression de la pensée, les mots clés sont des éléments importants de la dynamique de création. L’expérimentation est privilégiée autant dans l’acte de création que dans l’ouverture au public.

2-immersion © Photo Cyrill Entzman

Mise en place des laboratoires / singularité de la démarche artistique et de la recherche des partenaires.

Introduire un dialogue entre la danse et d’autres milieux, c’est introduire une vision poétique du rapport à l’autre dans un échange entre le corps et son environnement.

C’est construire une écriture chorégraphique non traditionnelle de « danse du milieu ». Cette approche nécessite un travail de recherche pour poser les bonnes questions et permettre l’émergence d’une matière artistique directement issue de ces explorations.

C’est, avec la compagnie, mettre en place les conditions de travail d’un laboratoire : mettre à disposition un lieu de travail pour la danse, le cirque ou les nouvelles technologies, monter une collaboration avec une piscine, obtenir un vol parabolique, mettre à disposition des hébergements, financer le travail par un apport en production, directement ou en partenariat avec une autre institution…

C’est aussi proposer au public la découverte d’un univers artistique au travers d’une expérimentation de la danse, du cirque, une approche des nouvelles technologies, une découverte de la danse dans l’eau… C’est enfin accompagner un processus particulier de création qui revendique la possibilité d’une « recherche et développement » dans le domaine du spectacle vivant.

3-immersion

Un travail dans différents milieux

La pratique d’une “danse du milieu” consiste à immerger les interprètes dans des environnements où la gravité est altérée. Immersion dans l’eau, vols paraboliques, environnements virtuels, agrès de cirque.
Les laboratoires se déroulent en général selon une durée de 3 à 12 jours. Ils réunissent à la fois des interprètes habituels de la compagnie et des artistes d’autres horizons. Ils permettent de faire émerger la matière de la nouvelle création en cours, et de garder le liens avec les autres artistes attachés à la démarche de la compagnie.

Les vols paraboliques

Le seul moyen d’expérimenter l’absence de gravité pour le corps humain est de monter à bord d’un avion qui fait des paraboles dans le ciel (vol parabolique) pour provoquer, au sommet de chaque parabole, entre 20 et 25 secondes d’apesanteur .
Les recherches spatiales française (CNES) et européenne (ESA) , possède l’Airbus A300-0G, exploité par Novespace, filiale du CNES , qui propose, grâce à des campagnes de vols régulières, un accès aux scientifiques pour leur recherches en microgravité et pour l’entraînement des astronautes.
Lien : http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/7181-dossier-vol-parabolique.php

C’est un laboratoire extraordinaire pour observer, expérimenter, inventer le mouvement, tant du point de vue de la perception que de l’imaginaire . En apesanteur, le champ des possibles s’ouvre, des nouvelles sensations émergent. C’est une manière de relativiser et de réinventer notre réalité sur terre.

Chaque vol comporte :
- Un projet d’expérimentation sur la physiologie du mouvement, la perception du corps, de l’environnement et sur la relation à l’autre et à la matière.
- Un univers artistique qui constituera la matière du prochain spectacle sur scène,
- Un projet sur l’image ( type de captation, matériel technique spécifique … )
- et un objectif précis de lisibilité à l’issue de la campagne de vol (spectacle, films installation, conférence, entraînement) .

Immersion dans l’eau

Kitsou Dubois développe avec ses interprètes une nouvelle gestuelle dans l’eau à partir de l’imaginaire du vol. Poser une grande surface corporelle sur l’eau leur permet de modifier leur densité de corps. Ils évoluent de manière continue entre le fond et la surface en s’appuyant sur les volumes d’air et les volumes d’eau. Ils doivent à la fois laisser faire le milieu aquatique et développer un état de conscience précis pour répondre au projet.

© Photo Bruno Clergue

Agrès de cirque

Depuis 2000, le travail de la compagnie intègre des acrobates. La relation à l’agrès est interrogée  par un travail sur les appuis, en insistant sur la matière intérieure de l’acrobate. On explore le mouvement, à partir d’un corps « dilaté » où ces appuis deviennent invisibles. L’objectif est d’oublier l’agrès pour ne voir que le corps évoluer dans des espaces différents .L’accent est mis sur la décomposition du mouvement. Le temps est comme suspendu, tout comme les corps.

Environnements virtuels

Kitsou Dubois explore les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour créer de nouveaux environnements dans lesquels plonger ses interprètes. Capteurs de flexion, de pression, de champs magnétiques, ceinture de respiration,  lient les danseurs et acrobates à des matières sonores. Il ne s’agit pas que les interprètes deviennent des instruments, mais qu’ils soient à l’écoute de ce qu’ils produisent comme son, même lors d’un micro mouvement. Il se produit alors une richesse de retour de perception, proche des états vécus en apesanteur.

Des matières artistiques

L’exploration du mouvement permet de collecter et répertorier des matières sonores, visuelles et textuelles. Ces matières artistiques accompagnent la matière chorégraphique dans le travail de transmission  et de restitution. L’objectif est de croiser l’écriture chorégraphique avec d’autres formes d’écritures.

7-immersion © Photo Cyrill Entzman

Les images

Dans chacun des milieux, une caméra  est à la fois témoin et regard subjectif. Elle nous restitue la mémoire du mouvement et induit un point de vue sur l’image. Le corps est au centre du processus. L’image en est une trace. Avec un travail de l’image (à la prise de vue mais aussi à la projection) qui permet d’extraire le corps de son contexte, nous interrogeons la notion de volume, de perspective à travers différents états de corps.

Le son

L’atmosphère sonore a un impact très important sur la perception de l’espace et du temps et sur la mémoire de l’instant vécu. Les sons collectés  dans chacun des milieux sont réinterprétés en terme de spatialisation et de perception  de la durée. Ils sont aussi la matière d’inspiration pour la recherche avec les capteurs sensoriels. Grâce aux capteurs, les interprètes peuvent s’appuyer presque concrètement sur les sons. En plus d’être matière à création musicale, les univers sonores participent à l’écriture chorégraphique.

L’écriture

Un langage spécifique existe dans chacun des milieux. Il incarne les histoires, les projets, les modes de fonctionnement… etc. A travers l’expérience vécue dans un milieu sans gravité, les paroles des chercheurs, des astronautes, des ingénieurs, côtoient celles des danseurs, des acrobates, des techniciens. En créant la rencontre, les corps en mouvements vont faire surgir des mots. Ces mots sont des traces mais aussi des appuis pour la création.

A travers ces laboratoires, Kitsou Dubois fait naître une matière artistique à partir d’expérimentations. Elle « plonge » les artistes dans un milieu pour faire apparaître un corps modifié et incarné. En ouvrant ces pratiques au public, elle souhaite  l’inviter à découvrir et sentir l’apparition de ces matières.

Immersion / Experimentation

Creating a dialogue between dance and other fields is like introducing a poetic vision of the relationships with others in an exchange between the body and its environment. It is like building a non-traditional choreographic language for what could be called a “dance in the environment”. This approach requires a research process in order to ask the right questions and to allow the emergence of an art form directly derived from these explorations.

Why a laboratory?

Research and experimental laboratories are designed to create the right conditions to facilitate artists meetings, to cross other points of view, to experiment through questions raised by the immersion in microgravity and therefore allowing the emergence of creative material. Attempts to answer these questions help to oppose real and imaginary universes, technique and art, research and creation. A multidisciplinary team works in sessions lasting several days each.

They take place in a specific location where gravity is altered (water, parabolic flights, circus apparatuses, virtual worlds, etc.). Expressing thoughts and key words are important elements of the creative process. Experimentation is encouraged, as much in the creative phase as in the building of a relationship with the public.

Organize a laboratory /What does it mean to be a partner of a laboratory?

It means that the company recreates the work conditions of a laboratory: it offers premises for dancing practice, circus or new technologies, creates a partnership with a swimming pool, organises accommodation, and funds works through a production contribution, directly or via another organisation… It also offers the public the chance to discover an artistic universe through an experience of dance, circus, new technologies, and dance in water… (see “Open window”) It follows up a peculiar creative process claiming to facilitate “research and development” in the field of performing arts.

Working in various environments

The “dance in the environment” works by immerging performers in environments where gravity is altered: immersion in water, parabolic flights, virtual universes, circus apparatuses, etc. Laboratories usually last for 3 to 12 days. Both usual performers from the company and artists from other backgrounds are involved.

Parabolic flights

A plane goes up to a high artists from other backgrounds are involved.A plane goes up to a high altitude, turns off the ignition and comes down in free fall. For 20 seconds, the body is weightless, then it comes back to the plane floor with a 2G force.

During this extreme experience, dancers and acrobats synthetize the various pieces of work they have developed in the laboratories. They follow to the letter a protocol determined in advance for each parabola.

Immersion in water

Kitsou Dubois develops with her performers new kinds of body movements in water inspired by the imagery of the flight. Placing a big surface of the body on the water allows them to modify the density of their bodies. They constantly move between the bottom of the pool and the surface of the water by using volumes of air and water.

Circus apparatuses

The work of the company has involved acrobats since 2000. The relation with the circus apparatus is examined through reflections on supports or holds (footholds, handholds), highlighting the interior substance of the acrobat. We examine the movement of a “dilated” body where these holds become invisible.

Virtual universes

Kitsou Dubois explores the possibilities offered by new technologies to create new environments in which she can thrust her performers. Flexion, pressure and magnetic fields sensors link the dancers and acrobats to acoustic material.

Artistic material

The exploration of movement helps to collect and classify acoustic, visual and written material. This artistic material goes hand in hand with the choreographic material in the transmission and restitution process. The aim is to cross the choreographic writing with other types of writing.

Images

In every environment, a camera is there as a witness and a subjective onlooker. It recreates the memory of the movement and introduces a point of view on the image presented. The body is at the centre of this process. The image is just a trace. Through a work on these images (during shooting but also during the projection), which allows us to extract the body out of its context, we examine the issue of perspective through various states of the body.

Sound

The acoustic atmosphere has a great importance on the perception of space and time and on the memory of experiences. Sounds collected in every environment are reinterpreted in terms of spatialization and perception of duration. They are also the inspiration for the research with sensory sensors. With sensors, performers can rely almost concretely on the sounds. Sound environments can be the source of musical creation but they also participate in the choreographic language.

Writing

A specific language exists in each and every one of these environments. It symbolises stories, projects, modus operandi, etc. Through their experience in a zero-gravity environment, the words of researchers, astronauts and engineers join those of dancers, acrobats, and technicians. In this meeting of minds, moving bodies will produce words. These words are traces but they also constitute supports for creation.

With her laboratories, Kitsou Dubois generates artistic material from experimentation. She thrusts the artists in an environment in order to produce a modified and personified body. By opening her practice, she aims to invite the public to discover and feel the birth of this material.

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