Ecriture pour le cirque, petites formes et créations

Kitsou Dubois, qui travaille sur l’élévation et la suspension, a tout naturellement été intéressée par les possibles que proposent les acrobates sur leurs agrès, tant du point de vue du travail gestuel en suspens, que des possibilités scénographiques qu’ils proposent.

Petit à petit elle a intégré des acrobates dans ses spectacles, d’abord un trampoliniste, Mathurin Bolze, puis un jongleur Jörg Müller, puis une trapéziste Chloé Moglia…..

Elle a ainsi travaillé directement sur la gestuelle des acrobates en juxtaposant, puissance et fluidité, force et fragilité, travail sur les appuis pour augmenter la présence du corps de l’acrobate.

C’est ainsi que l’Académie Fratellini, lui a proposé de chorégraphier ou mettre en piste des numéros de cirque pour les actes seconds (spectacles de sortie d’école) de trois jeunes apprentis : Claire Nouteau (2010), Grégory Feurté (2008), Virginie Frémeaux et Sergueï Philippenko (2006) . Elle réunit ces spectacles dans une création inédite en 2011: En suspens.

« Il y a une grande prise de risque dans le cirque, mais finalement les circassiens ont plutôt tendance à montrer qu’ils la maîtrisent. À chaque fois que je travaille avec eux, je les renvoie à une intériorité qui me semble être l’endroit de la danse. Par exemple, je les fais beaucoup travailler sur les appuis, sur le temps. Ralentir ce qu’ils font pour essayer de comprendre ce qui se passe dans le corps. Déplacer leurs appuis, les décaler, pour que le travail du corps apparaisse, que l’agrès disparaisse et que le regard du spectateur ne soit pas seulement happé et fasciné par la virtuosité. Et pour ces artistes, avec leur puissance musculaire importante, c’est un vrai travail de parvenir à trouver cette fluidité. » KD

En juillet-août 2009, à la demande de  Pascale Henrot, elle assure la direction artistique du festival « Autres pistes » (Cirque à la cité) du Théâtre de la Cité internationale.

L’idée fut de présenter une série de numéros car les formes courtes permettent de parcourir en une seule soirée toute l’histoire du cirque : aérien, mât, jonglage, acrobatie, sans oublier le clown. Les numéros obligent à aller droit au but. Le choix était donc clair : se concentrer essentiellement sur des univers portés par la rencontre des corps et des agrès, par une certaine forme de spectaculaire et de virtuosité plutôt que par le goût de la théâtralité ou de la narration qui est le propre, certains diraient le péché mignon, de ce qu’on appelle parfois les « nouveaux cirques ».

Une nouvelle carte blanche lui sera confiée en juillet/Aôut 2012.

Les commentaires sont fermés.