Installations & Expositions

L’image :

Pour se souvenir, pour rendre visible à nos propres yeux et à ceux des spectateurs la singularité d’être dans un espace sans gravité,  l’image s’est tout de suite imposée. Image d’abord témoin de l’expérience du vol . Image, ensuite lieu d’inscription qui réactive la perception du vol dans le corps des danseurs de retour sur terre. Puis image qui explore et exprime l’imaginaire et le rêve d’autres possibles.
En microgravité, les corps glissent en un travelling sans fin, l’œil et la caméra fusionnent dans un univers sans repères. Les corps se déplacent dans toutes les directions de l’espace, sans que l’on puisse discerner les appuis à l’origine du mouvement. L’image de ces corps fluides, ne permet pas au cerveau de celui qui regarde, de reconstituer la logique interne du déplacement. il s’interroge sur la construction dynamique de l’espace, et sur le temps qui le dépasse dans un mouvement sans fin.

C’est une image à la fois très proche et très loin. Elle est au croisement du rêve et de la réalité.

En filmant les danseurs en état d’apesanteur lors des vols paraboliques, la caméra sans poids est libre comme l’œil d’un homme volant. Elle enregistre l’ambiguïté des limites, entre la forme et le milieu, l’intérieur et l’extérieur, et l’ambivalence des appuis, entre le volume et la surface, le mouvement et le point de vue, la durée et la dynamique.
Pour exprimer ces paradoxes, le traitement informatique de l’image va permettre de travailler le cadre, la forme, la lumière, le temps, la profondeur, les rotations, les écarts entre le sujet et son environnement… L’image des corps devient une matière graphique qui accompagne et souligne la transformation des états de corps.

immersion  et installations vidéos

C’est en manipulant les images pour les développer dans l’espace au moyen de la projection, et pour les sortir de leurs statuts d’images reportages et aborder l’espace de représentation, que ces images ont donné des clés pour mieux comprendre ce qui se joue là haut.
On va créer des espaces de projection qui  mettent en jeu la perception du spectateur. Ce sont de véritables espaces d’immersion qui déplacent l’œil du spectateur dans un univers sans gravité. Petit à petit l’œil se re place dans le corps et perçoit les paradoxes de l’image sans vraiment en comprendre les mécanismes. Le spectateur doit alors faire appel à son corps tout entier pour créer de la distance entre ce qu’il voit et là ou il est.

Il se produit un phénomène de résonance corporelle entre les images sans poids des corps sans poids et le regard connecté à la gravité à travers le corps du spectateur. Il est tiraillé entre un regard hypnotique accroché à l’image et le sentiment d’un léger déséquilibre corporel. (ou instabilité du corporelle).
Ces installations vidéos* sont des espaces de création très importants pour mettre en jeu les mécanismes d’immersion du spectateur dans un « espace/temps » modifié. Elles provoquent la perception du spectateur et accompagnent une œuvre artistique pluridisciplinaire.

Pour notre dernière installation, « Perspective, le temps de voir »  nous avons embarqué pour la première fois , à bord de l’airbus A300-0G,  des caméras HD/3D relief avec le concours de Laurent Verduci pour Vidéorelief .

Installations vidéos (lieux de création)

2010 Perspective, le temps de voir, prototype présentée au CCN de Montpellier et à Kawenga
2005 Inversion 1,  Musée de l’Air et de l’Espace, Le Bourget, 2006, CNES Les nuits blanches Paris.
2003 File/Air,  Maison Européenne de la Photographie,  Art Outsiders, Paris
2003 Up-side-down-miroir, Centre culturel Aragon, Tremblay-en-France
2002 Trajectoire fluide, l’installation,  Festival du film de la Rochelle
1999 Gravité 0,  Lux Gallery, Londres

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